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Le secteur industriel

La Zone Franche du Togo occupe une place de choix dans l’économie du pays. Créée depuis 1989, elle a permis des investissements colossaux dans des secteurs variés. Etant entre le secteur primaire et le secteur secondaire, la Zone Franche Industrielle représente un maillon essentiel du développement socio-économique du Togo.

En effet, pour des raisons évidentes d’efficacité et de valeur ajoutée, les produits agricoles doivent être transformés. La  Zone Franche Industrielle constitue alors une opportunité. Les services en Zone Franche sont recevables dès lors qu’ils sont orientés vers l’exportation. La Zone Franche Industrielle offre cette occasion de la promotion des chaines de valeurs…

Les pages qui suivent, extraites de la Stratégie de Croissance Accélérée et de Promotion de l’Emploi (SCAPE) 2013 – 2017 présentent les opportunités d’affaires dans les secteurs agricole, industriel et les services, étant entendu que ce triptyque demeure indissociable.

A propos, la (SCAPE) parle d’axes stratégiques.

2.3.1. Axe 1 : Développement des secteurs à fort potentiel de croissance

La croissance économique, synonyme de création de richesses pour la Nation, est en effet, la condition première pour équiper le pays, faire reculer la pauvreté, élever le niveau de vie des populations et réduire les disparités inter et intra régionales. Mais la croissance économique retrouvée au Togo reste fragile par ses sources, insuffisante par son rythme et très peu créatrice d’emplois. Elle est handicapée structurellement par une faible productivité globale des facteurs, une insuffisante diversification du tissu économique, une industrialisation encore embryonnaire, reflet d’un secteur privé peu dynamique et l’étroitesse du marché. Il s’agira, au cours de la période 2013-2017, de renforcer le rythme de la croissance économique, d’en diversifier les leviers et d’assurer une distribution plus équitable de ses fruits par la création de nombreux emplois et la distribution de revenus.

La croissance a besoin de points d’ancrage pour que son rythme soit accéléré. Le Togo dispose de potentialités non négligeables de par sa géographie, son agriculture, sa population, ses ressources naturelles, sa chaîne des transports et ses services connexes. De tels atouts devraient en effet, (i) permettre de générer d’importantes valeurs ajoutées,  (ii) assurer de forts rendements aux capitaux investis, (iii) faciliter l’ouverture du Togo vers des marchés sous-régional et international, (iv) permettre la production de biens échangeables de qualité et compétitifs, (v) stimuler la disponibilité de la main-d’œuvre en quantité et en qualité, (vi) soutenir l’innovation et l’anticipation.

Les secteurs qui bénéficiaient de ces atouts sont ceux de l’agriculture, de l’industrie et des services.

La capacité du Togo à valoriser pleinement ces atouts dans les meilleurs délais possibles déterminera en grande partie le rythme futur de croissance de son économie qui, selon l’hypothèse retenue, pourrait être une croissance moyenne (scénario de référence) ou une croissance plus forte et durable (scénario de croissance accélérée).

Les filières agricoles, commerciales, des services (artisanat et tourisme), des industries extractives et manufacturières seront les principaux générateurs d’une croissance forte et durable.

2.3.1.1. Augmentation de la productivité agricole et amélioration de la sécurité alimentaire et nutritionnelle

  1. A) Stratégies d’accroissement de la productivité agricole, de diversification des revenus des ruraux et d’inclusion

Le Togo a un potentiel agricole non négligeable, malgré une superficie limitée. Le pays est riche en terres cultivables, près de 3,4 millions d’hectares dont seulement 45% actuellement cultivées. Son climat varié, couvrant plusieurs zones agro-écologiques, permet la production d’une gamme diversifiée de spéculations agricoles. Les terres ayant une aptitude à l’irrigation sont estimées à 86 000 hectares, et la superficie des bas-fonds exploitables à 175 000 hectares. Cependant, un nombre croissant de zones sont soumises à une pression foncière, ce qui indique que la phase de croissance extensive touche à sa fin et que les systèmes de culture doivent maintenant être orientés sur une intensification graduelle. Par ailleurs, on observe un vieillissement des agriculteurs, conséquence de l’exode massif des jeunes ruraux vers les centres urbains.

De nombreuses contraintes freinent l’exploitation des potentialités ci-dessus décrites et expliquent la faible productivité agricole. Ce sont essentiellement : (i) la petite taille des exploitations ; (ii) leur niveau technique rudimentaire et leur faible mécanisation ; (iii) la faible maîtrise de l’eau aux fins de production ; (iv) la faible organisation des producteurs ; (v) le vieillissement des plantations, notamment de cacao et café ; (vi) un fonctionnement des filières d’exportation plus favorable aux commerçants qu’aux producteurs ; (vii) l’enclavement des zones rurales ; (viii) les difficultés d’accès à la terre, notamment, pour les femmes et les jeunes, qui constituent un frein à l’investissement agricole ; (ix) la pression foncière croissante dans certaines zones et la dégradation conséquente de la fertilité des sols ; (x) le faible taux de transformation des produits agricoles, qui ne permet pas de retenir une partie significative de la valeur ajoutée ; (xi) l’impact négatif des aléas naturels tels les inondations et la sécheresse  sur les productions agricoles, halieutiques et de l’élevage ; et (xii) la faiblesse des moyens octroyés à la recherche agronomique.

Le Gouvernement considère le secteur agricole comme un secteur à fort potentiel de croissance économique étant donné qu’il offre un fort potentiel d’accroissement de l’offre des produits exportables et que la hausse du revenu agricole permet d’accroître la demande de biens de consommation et de services issus d’autres secteurs. C’est dans cette perspective qu’il a décidé de mettre en œuvre le PNIASA et le cadre d’accélération de l’OMD 1 pour relever les principaux défis suivants :

  • défi relatif à la mise en place de Zones d’Aménagement Agricole Planifiées (ZAAP) : la multiplication des ZAAP apparaît comme une solution qui permettra à l’agriculture togolaise d’accroître progressivement la superficie moyenne de ses exploitations, d’introduire une mécanisation adaptée, d’améliorer la productivité et la compétitivité de leurs exploitations et d’augmenter les revenus des paysans. L’ambition du Gouvernement est d’arriver à l’aménagement de sites d’une superficie d’au moins 2 500 ha par an ;
  • défi du développement de la culture attelée et motorisée supportable pour l’environnement : les travaux culturaux sont essentiellement effectués à la main (seulement 10% des superficies sont labourés à la culture attelée, et 1% avec un équipement motorisé) ; ce qui limite la productivité agricole. Le Gouvernement a déployé, en 2009, une centaine de tracteurs mis en service dans toutes les régions du pays. Le défi est donc de poursuivre la mécanisation agricole, restaurer la confiance des agriculteurs et encourager un accroissement rapide de l’utilisation des charrues et des tracteurs afin d’améliorer la productivité agricole. L’ambition du Gouvernement est d’atteindre un taux de mécanisation agricole d’au moins 5% d’ici 2017 ;
  • défi de la maîtrise de l’eau : la maîtrise de l’eau est un facteur essentiel pour le développement d’une agriculture intensive et à haute valeur ajoutée.

Dans le passé, les efforts du Gouvernement ont porté prioritairement sur la construction de grands périmètres irrigués. Le développement de petits aménagements villageois (de 6 à 10 ha) est l’approche que le Gouvernement compte privilégier, avec un accent sur l’organisation à la base et l’appui aux paysans, pour relever le défi de la maîtrise de l’eau ;

  • défi de structuration du monde rural et de professionnalisation de l’agriculture : les

Organisations Professionnelles Agricoles (OPA) et leurs associations sont appelées à jouer un rôle majeur dans le développement des filières et la professionnalisation de l’agriculture, en tant que prestataires de services, représentants de leurs intérêts, ou points d’ancrage pour les systèmes de financement. Dans cette perspective, une attention particulière sera accordée aux actions de renforcement de leurs capacités, notamment par des conseils de gestion et d’organisation, et par l’appui pour l’acquisition des équipements.

Des OPA fortes, et véritablement représentatives (incluant femmes et jeunes), sont en particulier nécessaires pour permettre au Togo de pénétrer les marchés à l’exportation, en fournissant à leurs membres les informations et appuis essentiels ;

  • défi de la diffusion de l’information sur les marchés et de stabilisation des prix : le Togo

dispose de capacités pour accélérer les investissements dans les technologies de l’information et de la communication permettant le développement de systèmes d’informations sur les marchés agricoles (SIM), afin de donner aux opérateurs un accès en temps réel aux informations dont ils ont besoin pour profiter des opportunités du marché et améliorer leur productivité et leur compétitivité. Le Gouvernement compte s’employer à promouvoir ces systèmes d’information et développer les mécanismes d’achat en vue d’améliorer l’investissement agricole des petits producteurs. En outre, il contribuera à l’émergence de « bourses électroniques » de produits agricoles, à l’image des meilleures pratiques qui existent dans la plupart des pays d’Afrique australe ;

  • défi de la création d’opportunités pour l’exportation : la majorité des exportateurs appartiennent au secteur informel et ne sont pas à même, sans un appui spécifique, de développer leurs opérations au-delà des circuits traditionnels.

L’expérience montre que le développement des exportations non traditionnelles  demande souvent l’entrée d’investisseurs étrangers compétents avec des liens commerciaux et un financement.

Le défi ici pour l’Etat est d’apporter son appui aux exportateurs sur une longue période pour leur permettre d’acquérir petit à petit toutes les aptitudes nécessaires à : (i) renforcer les capacités des opérateurs individuels et de leurs associations ;

(ii) mettre en place l’infrastructure institutionnelle et physique ; (iii) développer les services (information sur les marchés, aide à la préparation de plan d’entreprise et d’exportation, appui à l’approche qualité) ; et (iv) apporter un appui financier aux porteurs de projets ;

  • défi de réhabilitation des infrastructures rurales : le Togo bénéficie d’une position géographiquement favorable aux échanges régionaux, inséré au cœur du marché de l’UEMOA et proche de marchés porteurs.

Cependant, en raison de la crise économique, l’entretien routier, et en particulier celui des pistes rurales, a été suspendu pendant de nombreuses années. Pour le Gouvernement, la construction, la réhabilitation et l’entretien des pistes rurales sont un des investissements hautement prioritaires dans la relance agricole au Togo, avec un objectif de 1500 km de pistes rurales par an.

  • défi de la sécurisation foncière : la conservation de la base naturelle du pays et la modernisation de l’agriculture passent par une réforme agro-foncière appropriée en vue de garantir la sécurité foncière aux exploitants agricoles. À l’heure actuelle, il existe un système foncier dual, avec des systèmes traditionnels se superposant au système foncier légal « moderne » mis en place par l’ordonnance du 06 février 1974 portant réforme agro-foncière, qui visait à promouvoir un développement économique harmonieux du pays en réglementant les régimes agro-fonciers et les conditions de transfert des droits fonciers. Une relecture de cette loi selon une approche largement participative sera menée afin de mieux sécuriser la propriété foncière et faciliter l’accès des femmes, des jeunes et des investisseurs à l’agriculture. Pour les femmes et les jeunes, le Gouvernement poursuivra la formalisation des contrats de baux ruraux de sécurisation des terres ;
  • défi de la transformation des produits agricoles : le Togo exporte ses produits de base (notamment agricoles) à l’état brut et subit de ce fait la fluctuation des cours mondiaux. Dans le cadre de son nouveau programme de compétitivité filière, le Gouvernement entend développer des chaînes de valeurs portant sur les filières agroalimentaires (maïs, manioc, etc.). L’agro-industrie devra dans ce cadre mériter une attention soutenue, en vue de sa dynamisation et sa dotation d’une technologie adaptée pour la transformation des matières premières agricoles et la satisfaction de la forte demande intérieure. La première transformation, qui intervient souvent près des lieux de production, sera dans un premier temps fortement encouragée à large échelle, afin de procurer des revenus supplémentaires aux petits producteurs ruraux. A cet effet, le Gouvernement renforcera le fonds de soutien à la transformation des produits agricoles pour les petits producteurs.

Pour les autres étapes de la transformation, le Gouvernement veillera à créer les conditions et prendre des mesures d’incitation qui permettront au secteur privé de mettre en place des unités de transformation des excédents agricoles et d’assurer la commercialisation des produits ;

  • défi lié aux impacts des changements climatiques, des catastrophes naturelles, de la dégradation des terres et des pollutions diverses sur le secteur agricole : l’agriculture togolaise est essentiellement pluviale donc tributaire du climat. Les aléas naturels, tels que les inondations et la sécheresse peuvent durablement impacter les productions agricoles, halieutiques et de l’élevage. La chute du taux de croissance annuelle du secteur de 8,1% à 2,4% entre 2009 et 2010 attribuée aux conditions pluviométriques néfastes pour les cultures vivrières en est une illustration. De même l’utilisation intensive des intrants agricoles notamment les pesticides et les engrais chimiques aura des impacts non négligeables sur les écosystèmes terrestres et aquatiques. L’identification des mesures de riposte constitue un important défi. C’est pourquoi le Gouvernement s’attachera à prendre des mesures pour en atténuer les effets et les dispositions pour informer et sensibiliser les populations pour un changement de comportement ;
  • le défi de la recherche en matière de productivité agricole : l’ambition du Gouvernement pour les cinq prochaines années est de susciter un véritable engouement pour la recherche surtout en matière de productivité agricole, en y mettant les moyens pour que des variétés plus performantes et plus génératrices de valeur ajoutée soient sélectionnées dans les filières les plus porteuses. Ces nouvelles variétés devront également permettre la réalisation de substantielles économies sur la subvention annuelle des engrais et être adaptées aux effets néfastes des changements climatiques que connaît le pays. Les actions prioritaires à mettre en œuvre sont : (i) l’identification des cultures les mieux adaptées au niveau de chaque zone agro-écologique ; (ii) l’appui aux laboratoires de recherche en vue de la sélection des variétés à cycle court et résistantes aux maladies et aux ravageurs ; (iii) la recherche de systèmes améliorés de conservation des cultures et de transformation des produits agricoles ; (iv) le renforcement de la recherche sur les changements climatiques ainsi que l’évaluation de leur impact sur les secteurs de développement.

A long terme, le Gouvernement escompte de la mise en place du corridor nord-sud, un effet accélérateur sur le développement agricole du pays, dans la mesure où elle pousserait vers une exploitation des avantages comparatifs des différentes régions naturelles et éco-climatiques du pays, en offrant des soutiens techniques et logistiques aux producteurs locaux. Son ambition est de faire du Togo une puissance agro-sylvo-pastorale dans la sous-région, avec le sous-secteur agricole, comme un des moteurs de la croissance de l’économie, assurant la sécurité alimentaire et nutritionnelle et générant des emplois et des revenus, notamment, pour les petits producteurs et les groupes vulnérables.

A moyen terme (2013-2017), le succès de la politique agricole dépendra de l’augmentation de la capacité à mobiliser et à gérer les ressources ainsi que d’une bonne mise en œuvre du  Programme national d’investissement agricole et de sécurité alimentaire (PNIASA) d’une part, l’amélioration et le renforcement des politiques et des structures de transformation agroalimentaire et de commercialisation des produits agricoles, d’autre part.

L’objectif stratégique poursuivi par le Gouvernement est d’augmenter durablement la production et d’accroître la productivité, à travers, l’amélioration de l’accès aux semences de qualité, la restauration des terres dégradées et le relèvement du niveau de fertilité des sols, l’amélioration du niveau d’équipement des exploitations agricoles, la réalisation d’aménagements hydro agricoles et la promotion de la petite irrigation et le renforcement des capacités des petits producteurs.

De façon spécifique, il s’agira de : – porter le taux de mécanisation agricole à au moins 3% en 2015 et 5% à l’horizon 2017 ;

– accroître les superficies aménagées d’au moins 2500 ha par an ;

– accroître les superficies irriguées de plus de 500 ha par an ;

– porter la quantité d’engrais distribués de 32 000 tonnes en 2012 à 58 500 tonnes en 2015 et à 69 500 tonnes en 2017 au bénéfice d’au moins 500 000 petits producteurs ;

– mettre en place un fonds de financement du secteur agricole (y compris le fonds de soutien à la transformation des produits agricoles pour au moins 500 000 petits producteurs) ;

– construire 1500 km de pistes rurales par an.

2.3.1.2. Augmentation de la productivité industrielle

Le secteur est caractérisé par un niveau d’industrialisation encore embryonnaire et faiblement intégré au reste de l’économie. Sa contribution à l’emploi est modeste.

Le tissu industriel du Togo est assez clairsemé. Il est composé d’une dizaine de grandes entreprises, une centaine d’industries de taille moyenne et un nombre relativement important de très petites unités industrielles.

L’industrie togolaise est confrontée à des contraintes de plusieurs ordres. Il s’agit, notamment : (i) du climat des affaires peu propice à l’attraction des investissements ;

(ii) de l’étroitesse du marché intérieur ; (iii) des difficultés d’accès au financement ; (iv) de la forte concurrence des produits étrangers ; (v) du coût élevé des facteurs de production ; et (vi) de l’insuffisance de domaines et parcs industriels aménagés et viabilisés.

Cependant, le pays dispose de réelles potentialités pour développer son secteur industriel. Il s’agit entre autres, de l’existence de ressources agricoles et agropastorales, de ressources du sous-sol, de la Zone Franche industrielle et du Port Autonome de Lomé. L’augmentation de la productivité industrielle passera par (i) la mise en œuvre de la politique industrielle du Togo et (ii) la dynamisation des sous-secteurs porteurs de croissance.

La cible visée par le Togo est d’assurer un taux de croissance agricole d’au moins 4% en moyenne (scénario de référence) et de plus de 6% en moyenne (scénario de croissance accélérée), de manière à atteindre, en 2017, des niveaux de production céréalière de 1 million et de plus de 2 millions de tonnes respectivement. Pour financer cette stratégie, l’ambition du Gouvernement est d’arriver à consacrer au moins 10% du budget de l’Etat à l’agriculture.

Les autres facteurs de nature à alimenter cette dynamique d’accélération de la croissance sont les suivants : (i) les effets induits de la mise en place de grappes de filières porteuses ; (ii) les effets induits du désenclavement (pistes rurales) des zones agricoles et rurales à fort potentiel agro-économique ; (iii) le développement des infrastructures (transport, énergie, télécommunications, etc.) qui aura sûrement un effet d’entraînement sur le secteur agricole ; (iv) l’augmentation de la population togolaise, en général, celle de la population urbaine en particulier, qui aura un effet d’entraînement sur la demande alimentaire ; (v) l’augmentation de la population dans la sous-région, ainsi que l’augmentation prévisible des niveaux de revenus et de la demande alimentaire sous-régionale ;

(vi) l’augmentation de l’activité économique agricole qui générerait des revenus et des opportunités financières nouvelles propices pour une meilleure pénétration et interaction du secteur bancaire et financier dans le secteur agricole et rural ; (vii) le développement d’industries agro-alimentaires et d’interactions plus fortes avec l’agriculture.

Pour accroître et diversifier les revenus des ruraux, le Gouvernement encouragera, par ailleurs, les activités d’octroi de crédits aux agriculteurs. En effet, des études récentes ont montré que l’accès effectif au crédit à des taux d’intérêt appropriés permet de réduire de façon substantielle l’incidence de la pauvreté.

Mais les conditions actuelles d’accès au crédit sont si contraignantes que les pauvres, notamment, les femmes et les jeunes, en sont exclus. C’est pourquoi le Gouvernement poursuivra ses efforts pour créer les conditions favorisant l’extension géographique des systèmes financiers décentralisés et le renforcement de leurs capacités opérationnelles à travers la mise en place de mécanismes de refinancement et de fonds de garantie au niveau des autres institutions de financement. Une attention particulière sera accordée aux besoins des producteurs vivriers qui sont les plus pauvres et les plus vulnérables.

Enfin, pour que la contribution de l’agriculture à la croissance soit inclusive et soit un puissant moyen de lutte contre la pauvreté, les questions d’inégalités et de disparités seront adressées. Ainsi, au regard de leur situation économique, de leur statut social précaire et de leur contribution primordiale aux productions agro-pastorales, une attention particulière sera accordée aux petits producteurs (au moins 500 000) et aux groupes vulnérables (femmes, jeunes sans emploi, paysans et paysannes sans terre).

A cet effet, le Gouvernement compte jouer un rôle important en la matière, notamment en améliorant leur accès : (i) aux engrais et aux semences améliorées pour les cultures vivrières (céréales, légumineuses, tubercules et racines, légumineuses et horticulture) et aux géniteurs de petits bétails ; (ii) à la maîtrise et la gestion de l’eau à petite échelle pour la production ; (iii) aux infrastructures de stockage (au moins 1000 magasins) et de petite transformation ; (iv) aux géniteurs améliorés, à la couverture sanitaire et à l’alimentation de l’élevage familial ; (v) aux programmes d’appui-conseils et à l’information sur les marchés (formation d’au moins 100 techniciens par an) ; (vi) aux services d’alphabétisation et de santé de la reproduction et à la protection des producteurs contre le VIH et le Sida.

En lien avec la politique nationale de l’emploi, de nouveaux programmes d’installations de jeunes agriculteurs, éleveurs et pêcheurs seront mis en place dans les régions en fonction des spécificités locales. Il s’agit, de jeunes du milieu rural, qu’il faudrait aider à s’installer dans leurs terroirs en leur donnant les chances de contribuer de manière plus productive au développement de la nation. Ce qui nécessiterait leur formation, leur professionnalisation ainsi que leur accès aux moyens de production (terre, financement, technologie, etc). Ces programmes concerneront aussi les jeunes du milieu urbain (souvent diplômés mais sans emploi) qu’il faudrait réconcilier avec la terre ; ce qui serait un levier pour augmenter la productivité agricole. En effet, associée à l’utilisation d’intrants de meilleure qualité, la formation de ces jeunes et leur aptitude à mieux capter les nouvelles technologies faciliteront l’amélioration de la productivité à travers l’introduction des moyens modernes de travail et de nouvelles techniques culturales. L’installation des jeunes dans le milieu rural pourrait se faire dans le cadre des ZAAP. Le Gouvernement, dans le cadre du PNIASA, initierait des actions allant dans ce sens (aménagement de terres destinées aux jeunes, désenclavement, infrastructures sociocollectives, et accès au financement).

Au préalable, il assurera, via des champs écoles, la formation des jeunes sur les métiers de l’agriculture et sur l’entreprenariat. Cela contribuerait à la valorisation du potentiel agro-écologique des zones d’installation, préfigurerait le développement futur de l’entreprenariat en milieu rural, et faciliterait la substitution des importations alimentaires et le développement des filières porteuses pour l’exportation. Il s’agira aussi de favoriser la mise en place de services non agricoles autour de ces filières à travers la promotion de l’entreprenariat en milieu rural. Il faudra enfin renforcer la transformation alimentaire des produits agricoles afin de réduire significativement le sous-emploi des jeunes entre deux périodes de culture. A ce sujet il convient de rappeler qu’une expérience sur l’entreprenariat en milieu rural est en cours avec la formation de jeunes ruraux au niveau de trois (3) Centres d’Excellence du Togo (OIC, CIPAD et INFA). Ils ont développé à la fin de la formation, leurs plans d’affaires qui portent sur l’agriculture (maïs, soja, riz, manioc, igname, maraîchage), l’élevage (porc, abeilles, poulets de chair, pondeuses, pintades, production d’œufs), la transformation et la commercialisation des produits. Ces jeunes doivent être accompagnés dans la mise en œuvre de leurs projets qui seront évalués avant le passage à une échelle plus importante.

  1. B) Sous-secteurs agricoles porteurs de croissance

Pour le Togo, il existe trois catégories de produits agricoles porteurs potentiels de croissance : (i) les produits de substitution aux importations ; (ii) les produits d’exportation non traditionnels destinés au marché international ou au marché régional ; et (iii) les exportations traditionnelles du Togo.

Produits de substitution aux importations : Il s’agit principalement du riz et des volailles.

En ce qui concerne le riz, pour limiter la progression des importations, qui couvrent déjà plus de 50% des besoins nationaux, le Gouvernement entend développer des initiatives visant à favoriser une croissance soutenue de la production nationale. Il est conscient que des gains de productivité potentiels sont considérables, tant en irrigué (6t/ha) qu’en pluvial (2t/ha) ou en culture de bas-fonds (3 à 4t/ha) et la production de riz offre aux producteurs locaux, même sans subvention, des incitations très appréciables. Pour y arriver, il entend :

(i) lever les contraintes liées à l’accès aux semences sélectionnées et celles liées à l’accès au crédit pour l’achat des intrants ; et (ii) donner la priorité à la mise en valeur des bas-fonds, moins coûteux et plus facilement gérables par les producteurs.

Des projets de développement de la riziculture sont en cours, notamment dans la région de Kara, la vallée du fleuve Mono, la Plaine de Mô, la vallée du fleuve Zio, la vallée de l’Oti et la plaine de Djagblé. Ils seront poursuivis, dans le respect de leurs calendriers établis.

L’ambition du Gouvernement est de réduire d’au moins un tiers les importations de riz en portant la production de riz paddy de 117 000 tonnes en 2012 à 122 500 tonnes en 2013, puis à 134 000 tonnes en 2015 et 146 000 tonnes en 2017, soit une croissance annuelle moyenne de 4,5%. Des actions seront engagées pour accroître d’au moins 15% à l’horizon 2017 le rendement des petits producteurs rizicoles.

Aviculture : le Togo importe de grandes quantités de produits carnés pour combler son déficit en termes de couverture des besoins nationaux (environ 30%).

Contrairement au gros bétail, le Togo dispose de potentialités en ce qui concerne le développement des productions avicoles. En effet, le fort taux de croissance enregistré dans le passé pour la production de volaille (environ 47% entre 2005 et 2010) pourrait se poursuivre, voire s’amplifier, notamment pour l’élevage traditionnel, et l’élevage moderne de poules pondeuses et de production d’œufs, domaines à la fois rentables et compétitifs. Le Gouvernement est conscient que l’élevage traditionnel dispose d’un potentiel d’amélioration très élevé sans devoir recourir à des investissements importants ou une alimentation complémentaire. C’est pourquoi il entend mettre l’accent sur l’amélioration des conditions de logement, d’abreuvement et un suivi sanitaire régulier (vaccination contre la maladie de Newcastle et le déparasitage externe) pour réduire considérablement le taux de mortalité et améliorer grandement la productivité.

Enfin, le Gouvernement entend développer une alternative intéressante de promotion d’un modèle d’élevage avec parcours ; elle constitue une étape intermédiaire entre l’élevage traditionnel et l’élevage commercial, où les animaux disposent d’un poulailler et d’une aire de parcours, et bénéficient d’une petite alimentation complémentaire. Ce système a l’avantage de limiter fortement les pertes par prédation et permet l’utilisation de races hybrides améliorées sans coûts excessifs d’alimentation. Pour réussir un tel programme, les interventions viseront à : (i) améliorer la structuration et l’organisation des petits producteurs ; (ii) faciliter l’accès à l’investissement (grâce au microcrédit) ; (iii) encourager l’intensification et améliorer la conduite de l’élevage ; (iv) décloisonner les marchés et faciliter l’écoulement des productions vers les centres urbains.

Produits d’exportation non traditionnels

Le Gouvernement entend promouvoir les produits non traditionnels susceptibles d’être exportés, notamment au niveau sous-régional. Les critères déterminant leur potentiel sont, entre autres : (i) l’existence d’une demande porteuse ; (ii) l’existence d’un avantage comparatif permettant d’envisager une compétitivité et une rentabilité satisfaisantes pour les producteurs ; et (iii) l’existence d’investisseurs privés avec l’intérêt et les compétences nécessaires.

Pour se donner les moyens de concrétiser ces opportunités, les programmes visant à soutenir la qualité et à appliquer les normes gagneront de l’importance avec le temps. Dans cette perspective, il sera mis en place une structure (mixte public-privé) pour promouvoir la qualité des exportations agricoles. Elle sera responsable de l’information des acteurs des filières agricoles sur les normes et réglementations en vigueur sur les principaux marchés d’exportation, des formations des acteurs des filières à l’approche qualité et de l’appui des entreprises dans leur mise à niveau et pour leur certification.

D’autres actions seront développées pour un meilleur accès aux marchés internationaux. Elles sont en partie déjà évoquées plus haut. Il s’agit, notamment de : (i) la mise à niveau des infrastructures de mise en marché (chaîne de collecte/distribution, chaîne logistique d’exportation, etc) en plus des pistes rurales ; (ii) le renforcement des capacités et la dynamisation de la bourse agricole du Togo ; et (iii) l’amélioration de l’environnement du secteur privé pour permettre aux investisseurs nationaux et internationaux de s’intéresser au développement des affaires ayant une relation avec la production agricole vivrière (agro-industries, circuits de distribution, offres de services non agricoles en milieu rural, etc).

Les principaux produits potentiels sont les suivants :

  • produits exportables au niveau de la sous-région : céréales (maïs), oléagineux (soja, huiles de coton et de palme), féculents (gari, tapioca, tubercule et farine d’igname), légumes (gombo frais et carotte) et fruits (avocat) ;
  • produits pouvant être exportés vers les pays non africains (Europe, Amérique et Japon): oléagineux (graines de coton et beurre de karité), féculents (gari, tapioca, cossettes), légumes (gombo sec, piment, poivron, poivres), fruits (avocat, ananas et fruits séchés biologiques), produits halieutiques (crustacés et mollusques), produits nouveaux (épices, herbes aromatiques, fleurs et plantes ornementales, herbes médicinales, huiles essentielles, autres produits biologiques et produits équitables).

Pour le maïs, la demande sur le marché régional est appelée à se développer rapidement, en particulier pour l’alimentation animale et les utilisations industrielles, notamment dans des pays gros consommateurs tels que le Nigeria. On estime aussi que, pour les pays de l’UEMOA, le déficit en maïs à l’horizon 2020 pourrait être de plus de 1,3 million de tonnes. L’existence de circuits déjà bien établis est une force qui permet au Togo de se positionner comme exportateur régulier de maïs dans la sous-région. Le Gouvernement entend donc éliminer toute entrave au commerce pour promouvoir l’intégration et l’efficacité des marchés et appuyer les producteurs de maïs togolais à pénétrer le marché régional. Pour les années à venir, l’ambition du Gouvernement est d’accroître de 15% le rendement des petits producteurs, ce qui permettra de porter la production de maïs de 680 000 tonnes en 2012 à 710 690 tonnes en 2013, puis à 776 462 tonnes en 2015 et 847 916 tonnes en 2017, soit une croissance relative de 4,5% par an.

Pour le manioc, première culture vivrière du Togo, le Gouvernement compte promouvoir les utilisations industrielles (amidon et alcool) et les aliments de bétail qui présentent les opportunités les plus prometteuses. L’utilisation du manioc pour l’alimentation animale offre un débouché potentiellement très important (comme en Asie ou en Europe). La demande en alcool médical des pays d’Afrique de l’Ouest se monte à 50 000 tonnes/an, alors que peu d’unités de production sont actuellement opérationnelles. Le Gouvernement compte exploiter cette niche porteuse. Pour y arriver, sa priorité est : (i) de multiplier et distribuer des variétés hautement productives et de vulgariser de bonnes pratiques culturales, pour doubler ou tripler les rendements agricoles ; et (ii) de mettre en œuvre un programme cohérent de développement de la filière, soutenant la promotion de l’innovation technique dans le domaine de la transformation et axé sur la demande du marché national et régional non seulement pour l’alimentation humaine mais aussi pour les utilisations industrielles (aliment de bétail, amidon, alcool, etc).

Aussi, son ambition est de porter la production de manioc de 1 043 432 tonnes en 2012 à 1 090 387 tonnes en 2013, puis à 1 190 730 tonnes en 2015 et 1 300 306 tonnes en 2017, soit une croissance relative de 4,5% par an.

Pour les fruits et légumes, le Gouvernement concentrera ses efforts, en particulier, sur la maîtrise des problèmes de logistique et de qualité. Aussi, pour les années à venir, il vise la promotion de nouveaux produits d’exportation dont principalement l’ananas, l’anacarde, la banane et les légumes. Les objectifs poursuivis pour les fruits sont de l’ordre de 43 300 tonnes en 2013, 65 000 tonnes en 2015 et 97 500 tonnes en 2017, avec une croissance induite de 22,5% par an.

S’agissant de la filière horticole, le Gouvernement vise une croissance de 15% d’une période à l’autre ; ce qui se traduira par une production de 2 000 000 de tonnes en 2015, 2 300 000 tonnes en 2016 et 2 645 000 tonnes en 2017.

S’agissant des produits forestiers, pour accroître et diversifier les revenus des ruraux et augmenter la contribution des produits forestiers ligneux et non ligneux à la croissance inclusive et à la lutte contre la pauvreté, les stratégies seront orientées sur : (i) le développement des plantations forestières à objectif de bois d’œuvre et de service et de bois-énergie ; (ii) la création de conditions pour l’émergence, l’installation et le fonctionnement de petites et moyennes entreprises de valorisation des produits forestiers, par la prise de textes régissant leur installation et leur fonctionnement, et l’instauration d’un environnement plus incitatif qui favorise l’implantation des opérateurs privés ; et (iii) l’inclusion de l’exploitation industrielle des produits forestiers dans le périmètre de l’ITIE.

Exportations traditionnelles du Togo Dans un contexte de régionalisation et de mondialisation des échanges, la diversification des productions et du potentiel d’exportation ainsi que l’amélioration de la compétitivité des filières porteuses (telles que le coton, le café et le cacao) seront des piliers importants pour l’accroissement de la productivité agricole et l’accélération de la croissance au Togo. En effet, ces productions ont un effet structurant sur l’ensemble du secteur rural et multiplicateur sur les revenus, notamment ruraux.

S’agissant de la filière coton, la production de coton a significativement augmenté entre 2008 et 2011, passant de 32 000 tonnes à 83 608 tonnes, soit une progression de 161,3%, plaçant le Togo comme un concurrent sérieux en Afrique subsaharienne. La production pour 2012 est estimée à 118 055 tonnes. Le pays dispose encore de la marge pour une importante croissance de production de coton. En effet, le désenclavement des zones encore sous-utilisées et à fort potentiel, dans la région de Kara (Bassar), dans la région Centrale, dans le nord de la région des Plateaux et dans la frange nord-est de la région Maritime, permettrait aussi la croissance des superficies cultivées. Le développement de la culture attelée, en réduisant la contrainte de la main-d’œuvre, permettra l’accroissement des superficies cotonnières par exploitation dans les zones où la pression foncière est encore limitée.

A moyen terme, l’accroissement de la production devra principalement reposer sur l’augmentation des rendements. Les rendements actuels (650 kg/ha) sont largement en deçà de ceux atteints à la fin des années 1990 (1 200 kg/ha) et a fortiori des rendements potentiels en milieu paysan (1500 kg/ha). Il y a donc une marge importante d’amélioration de productivité. Il est projeté que la production totale pourrait atteindre 125 374 tonnes en 2013, 156 717 tonnes en 2014, 172 389 tonnes en 2015, 189 628 tonnes en 2016 et 227 553 tonnes en 2017, avec une croissance relative de 14,2% sur la période 2013-2017.

Pour ce faire, plusieurs mesures et actions sont nécessaires pour accroître la productivité de la filière et préserver cette principale source de revenu pour bon nombre de paysans. Il s’agira de poursuivre les réformes de la filière pour : (i) améliorer la gouvernance d’entreprise et créer une nouvelle culture d’entreprise ; et (ii) améliorer l’efficience de la production agricole par un renforcement de la recherche, de la protection de la fertilité des sols et de l’environnement, des services de vulgarisation, de l’équipement, des pistes rurales, des moyens de stockage et de l’accès au crédit.

Par ailleurs, le nouveau mécanisme de fixation des prix devrait être encore amélioré afin de garder sa viabilité dans le cas d’une chute majeure du prix (fonds de lissage et sa ligne de crédit par exemple).

Enfin, au vu du monopole accordé à la nouvelle société cotonnière, il conviendra de renforcer le rôle des producteurs dans la gestion de la filière, pour assurer un partage équitable des risques et des bénéfices. L’interprofession devra notamment être responsable de la gestion des questions d’intérêt commun telles que la fixation des prix aux producteurs, la politique d’approvisionnement en intrants, la définition des  programmes de recherche financés par la filière, le conseil aux producteurs et le contrôle de qualité. Pour que les organisations de producteurs puissent jouer pleinement leur rôle dans la cogestion par l’Interprofession, les actions du Gouvernement tendront à s’assurer de la représentativité de leurs organes de décision et du renforcement de leurs capacités techniques et de gestion.

A plus long terme, les associations de producteurs devraient être capables de prendre graduellement en charge les fonctions de conseil aux producteurs (conseil à l’organisation et à la gestion des groupements de base) et d’approvisionnement en intrants.

Pour ce qui concerne la filière café-cacao , ces deux productions ont décliné au cours des vingt dernières années à cause de la chute des prix internationaux, du vieillissement des vergers, du manque d’entretien des plantations, des effets du changement climatique et des problèmes phytosanitaires, l’effet des« Swollen Shoot virus » ayant entraîné l’abattage des plantations, le « Photophtora » qui a détruit une bonne partie de la production des cabosses et le manque d’approvisionnement en intrants adéquats. Le vieillissement des planteurs et les modes de mise en valeur (métayage) et d’héritage ont contribué aussi au mauvais entretien ou à l’abandon des plantations. Les feux de brousse détruisent chaque année d’importantes superficies de vergers.

Pour les années à venir, le Gouvernement s’attachera à renforcer les mesures nécessaires et apporter son appui technique et financier à l’Unité Technique Café‑Cacao (UTCC) pour la relance de la filière. La nouvelle Unité Technique Café‑Cacao de l’Institut de Conseil et d’appui Technique (ICAT) devrait apporter ses services dans le cadre de contrats assortis de critères de performance avec le Comité de Coordination de la Filière Café-Cacao (CCFCC) et/ou la Fédération des Unions de Producteurs de Café-Cacao (FUPROCAT).

Ces derniers définiraient le type et le contenu de l’appui nécessaire et le coût de cet appui devrait être partagé entre l’État et les bénéficiaires.

Les grandes lignes du programme de développement de la filière s’articulent autour des quatre composantes suivantes :

  • la réhabilitation de vieilles plantations et l’extension des superficies en robusta et en variétés hybrides de cacao par la lutte contre les maladies et les parasites, la mise à disposition des planteurs de matériel végétal amélioré hybride et la facilitation de l’accès aux engrais et aux produits phytosanitaires ;
  • la mise en place d’un dispositif d’appui efficace pour soutenir la replantation/recépage et l’extension des vergers ainsi que l’amélioration de l’entretien des plantations et des pratiques culturales, y compris pour améliorer la qualité ;
  • le renforcement du cadre institutionnel par la mise en place : (i) d’une structure chargée de la définition et du respect du cadre réglementaire de la filière et du suivi de la politique de son développement ; (ii) d’une organisation interprofessionnelle responsable de la coordination de ses acteurs et de la gestion des biens communs ; (iii) du renforcement des coopératives de base et des Unions régionales ; et (iv) de mécanismes de mobilisation et d’attraction des jeunes autour de la filière afin de garantir la main d’œuvre nécessaire à son développement ;
  • le renforcement des infrastructures par : (i) la construction et la réhabilitation des pistes rurales ; et (ii) l’appui à la mise en place des infrastructures et des équipements de stockage.

L’objectif visé pour le café est de porter la production de 12 324 tonnes en 2012 à 13 027 tonnes en 2013, 14 928 tonnes en 2014, 16 421 tonnes en 2015, 18 063 tonnes en 2016 puis à 21 676 tonnes en 2017, soit une croissance relative de 12,1%. La production de cacao sera portée de 14 220 tonnes en 2012 à 15 813 tonnes en 2013, puis à 18 406 tonnes en 2014, 20 246 tonnes en 2015, 22 271 tonnes en 2016 et 26 725 tonnes en 2017, soit une croissance relative de 13,5%.

  1. C) Stratégies d’amélioration de la sécurité alimentaire et nutritionnelle

En cohérence avec le PNIASA, le Gouvernement s’est doté d’un Programme National de Sécurité Alimentaire (PNSA) dont l’objectif est d’assurer la sécurité alimentaire et nutritionnelle de toutes les couches de la population au plan national et sans aucune discrimination. Pour atteindre cet objectif, il a mis en œuvre des programmes axés sur la surveillance nutritionnelle, l’éducation nutritionnelle et la production de biens alimentaires.

Pour la période 2013-2017, le Gouvernement se fixe comme objectif de promouvoir le droit à l’alimentation et la bonne gouvernance autour de la sécurité alimentaire et nutritionnelle. Pour y arriver, il entend : (i) mettre en place un système d’alerte précoce assorti d’un système d’information géographique sur la sécurité alimentaire ; (ii) constituer des stocks de sécurité ; (iii) mettre en place des filets sociaux et nutritionnels ; (iv) renforcer les laboratoires d’analyse pour le respect des normes et standards internationaux de qualité ; (v) améliorer les circuits de distribution des aliments et renforcer la chaîne de froid ; (vi) contrôler la qualité sanitaire des aliments et de l’eau ; (vii) appuyer la mise en place de cantines scolaires et jardins scolaires ; (viii) contribuer à la lutte contre les carences en micronutriments et appuyer la création et l’équipement des centres de réhabilitation ; et (ix) promouvoir l’éducation nutritionnelle.

Le Gouvernement mettra l’accent sur la production intensive des céréales, en particulier le maïs, le riz et le sorgho, les racines et tubercules dont le manioc et l’igname en priorité. La production annuelle de céréales atteindra environ 2 000 000 de tonnes en 2015, 2 090 000 tonnes en 2016 et 2 184 000 tonnes en 2017, avec des taux de croissance de 4,5% par an.

Dans la filière des plantes à racines et tubercules, les estimations de tonnage à produire sont de 1 726 000 tonnes à l’horizon 2015 et 1 777 780 tonnes en 2016 et 1 831 113 tonnes en 2017, avec une croissance relative de 3%.

Pour la réalisation de tels objectifs, la stratégie globale s’appuiera, d’une part, sur une intensification accrue des systèmes de cultures et de lutte contre la dégradation des sols et sur la maîtrise de l’eau pour sécuriser la production et d’autre part, sur un système plus performant de stockage et de transformation, d’amélioration de la logistique et des pratiques de commercialisation des céréales et produits dérivés.

Pour ce qui concerne l’élevage, les projets identifiés au titre de l’élevage traditionnel concernent l’aviculture, les petits ruminants, le bovin, le porcin et les élevages spéciaux (cuniculture, aulacodiculture et apiculture).

Selon les espèces, les objectifs de croissance visés se situent à 6,8% en moyenne sur la période 2013‑2017.

Pour y arriver, le Gouvernement concentrera ses efforts sur la réhabilitation-construction de centres d’amélioration des espèces animales. D’autres actions concerneront l’aménagement des points d’eau, des pâturages, des pistes à bétail et des couloirs de transhumance dans l’objectif d’améliorer la productivité du cheptel national. Enfin, les capacités d’intervention des postes et agents seront renforcées pour assurer une bonne surveillance des maladies épizootiques.

En outre, le Gouvernement mettra en place un cadre réglementaire incitatif et un appui logistique pour promouvoir les petites et moyennes entreprises pour le développement de l’agrobusiness autour des filières œuf, viande et lait. Les estimations de production annuelle pour ces filières visées à l’horizon 2017 sont de 230 tonnes de lait, 8 000 tonnes d’œufs et 8 910 tonnes de viande. Les actions d’investissement s’orienteront vers le développement des infrastructures de production animale, l’appui à l’approvisionnement en aliments et produits vétérinaires, et la promotion de la transformation semi‑industrielle et de l’agrobusiness. La cible visée est estimée à 10 600 PME.

Concernant les produits halieutiques, l’objectif du Gouvernement est d’améliorer la couverture des besoins nationaux en produits halieutiques à travers le développement de la pisciculture d’une part et le développement de la pêche continentale et maritime d’autre part. L’intensification de la production piscicole couvrira les principales actions suivantes : construction et aménagement des étangs ; production et distribution des alevins et des provendes. Elle concernera une population cible en 2017 de plus de 8 500 pisciculteurs pour une production annuelle attendue de 5 000 tonnes. L’appui à la pêche continentale et maritime mettra l’accent sur l’approvisionnement en équipements et en matériels de pêche, la transformation, le conditionnement et la commercialisation des produits de pêche, la gestion durable des ressources halieutiques et touchera 5 000 pêcheurs. Les objectifs de production visés en 2015 sont de 39 590 tonnes et de 44 900 tonnes en 2017, soit une croissance de 13,7% sur la période 2015‑2017.

S’agissant de la gestion durable des ressources naturelles et de l’environnement, le Togo fait face à de nombreux défis, dont les principaux sont les suivants: (i) la déforestation, le déboisement et la dégradation de la couverture végétale ; (ii) la dégradation des sols et le déclin de la fertilité ; (iii) la dégradation des aires protégées et de la faune, l’envahissement des aires protégées ; (iv) l’envasement des cours d’eau et de la lagune, la contamination et la dégradation de la qualité des eaux douces ; (v) la dégradation des ressources du littoral ; (vi) les pollutions de toute sorte ; (vii) l’érosion côtière ; (viii) la recrudescence des catastrophes naturelles telles que les inondations et les sécheresses ; et (ix) les changements climatiques.

Pour relever les défis environnementaux, le Gouvernement a retenu les orientations stratégiques suivantes : (i) la mise en place du Cadre de gestion environnemental et social, du Plan de gestion des pestes et pesticides, et du Cadre politique de réinstallation au besoin des populations ; (ii) la mise en place de mesures d’accompagnement des producteurs dans la gestion durable des ressources naturelles, de l’environnement et de la fertilité des sols pour limiter les impacts des activités ; agricoles (iii) la promotion de l’agroforesterie et de la sylviculture ; (iv) la lutte contre les plantes aquatiques envahissantes ; (v) l’appui aux actions collectives de gestion concertée des ressources naturelles au niveau du terroir ; (vi) la promotion de la mise en place de forêts communautaires ; (vii) l’appui aux populations riveraines pour la réhabilitation et l’aménagement des reliques forestières et des savanes incultes ; (viii) l’identification et la vulgarisation des mesures et options d’adaptation de l’agriculture aux changements climatiques ; (ix) la promotion des modes de consommation et de production durables ; (x) l’appui aux collectivités locales pour la conservation et la gestion durable de la biodiversité des mangroves dans le Sud Est du Togo ; (xi) la reforestation en teck des abords des axes routiers principaux et secondaires ainsi que les berges de certains cours d’eau.

  1. A) Politique de développement industriel

La vision du Gouvernement, à travers, la nouvelle politique industrielle du Togo est de « développer et pérenniser une industrie nationale intégrée, compétitive sur la scène internationale, respectueuse de l’environnement et capable d’améliorer significativement le niveau de vie de sa population à l’horizon 2030 ». Dans cette optique, les principales priorités portent sur : (i) la mise à niveau des entreprises existantes dans l’optique de les rendre plus compétitives ; (ii) les opportunités de diversification de la production industrielle nationale en augmentant constamment le taux de transformation des matières premières et produits locaux à une moyenne de 20% en 2030 ; et (iii) la promotion des PME industrielles.

Pour soutenir sa vision de développement industriel, le Gouvernement entend d’abord revisiter et adapter le cadre d’exercice des activités industrielles au Togo, à travers notamment, les mesures d’accompagnement suivantes : (i) le renforcement de l’environnement de l’investissement privé : à cet effet les efforts du Gouvernement vont tendre à renforcer le dispositif législatif, normatif et réglementaire existant, notamment, compléter les réformes pour améliorer de façon décisive le système judiciaire. Toute chose qui contribuera à accélérer l’exécution des décisions de justice, lutter contre la fraude, attirer et sécuriser les capitaux privés nationaux et extérieurs en vue d’opérer des investissements productifs ; (ii) la poursuite des réformes en parachevant le programme de privatisation ; (iii) le renforcement des institutions d’appui au secteur privé et des capacités des entreprises (notamment les PME) : le Gouvernement entend, avec l’appui de ses partenaires, améliorer l’efficacité des programmes d’appui au secteur privé par le renforcement du Centre de Formalités des Entreprises (CFE), la mise en place de la Maison de l’Entreprise du Togo ; (iv) le renforcement du rôle du secteur privé avec la poursuite du dialogue avec le secteur privé sur les questions de compétitivité à travers l’organisation régulière de rencontres de concertation Etat/secteur privé, selon une approche filière ; et (v) la promotion d’un cadre approprié de partenariat entre les universités et les entreprises de manière que ces dernières contribuent au financement de la recherche universitaire dont les résultats à terme devraient être utilisés pour accroître la productivité des entreprises. Dans ce cadre, il est envisagé la création d’un conseil représentatif des métiers chargé d’évaluer et de proposer les filières de formation dans l’enseignement supérieur ainsi que dans les cycles de formation technique et professionnelle.

Sur la période 2013‑2017, l’action principale du Gouvernement consistera à développer et à mettre en œuvre :

  1. a) des programmes de compétitivité par filière : en concertation étroite avec le secteur privé, une liste de filières prioritaires sera dressée. Ces filières feront l’objet d’études de stratégie de développement intégré et de compétitivité, visant un déploiement optimal de la chaîne des valeurs dans chacune des filières concernées, la mise en place d’interprofessions et la création d’emplois décents. Au terme de ces études, des programmes de compétitivité à moyen terme pourront être discutés entre le Gouvernement et l’interprofession de chaque filière et bénéficier le cas échéant, sur une base conventionnelle, de l’appui multiforme de l’ L’objectif est de conclure chaque année des programmes de compétitivité avec une demi-douzaine de filières et de couvrir, au bout de dix à quinze ans, l’ensemble des filières de l’économie nationale. Un Comité de Compétitivité, comprenant des représentants de l’Etat et du secteur privé et associant, au besoin, des représentants du secteur financier, sera mis sur pied pour piloter ce processus.
  2. b) un programme national de mise à niveau des entreprises existantes. Ce programme vise la relance de la production des entreprises industrielles et des services, la promotion de l’investissement, de l’emploi et l’amélioration de la compétitivité de l’économie togolaise au niveau régional et international. Il complète et sert de cadre opérationnel aux programmes de compétitivité des filières. Sa mise en œuvre, qui privilégiera les entreprises adhérant à un programme de compétitivité de filière, a pour objectif de donner à ces entreprises les moyens de : (i) mettre à niveau l’outil technique de production et relancer l’investissement privé ; (ii) tirer parti des opportunités de développement qu’offre la situation de crise que traverse l’économie mondiale en créant de la valeur ajoutée ; et (iii) renforcer les capacités managériales et des ressources humaines dans les entreprises nationales, afin qu’elles puissent tirer un meilleur parti des innovations technologiques. Pour y arriver, le Gouvernement mettra en place un cadre institutionnel adéquat chargé de piloter le programme.
  3. c) un plan d’actions pour la viabilisation du site industriel pour faciliter l’implantation des unités industrielles.
  4. d) les structures de la Loi-cadre devant œuvrer pour l’amélioration de la compétitivité des entreprises à travers la promotion de la qualité et le respect des normes internationales.
  5. e) l’incitation à l’innovation par la mise en place des unités de fabrication de prototypes.

 

Encadré 2 : Chaînes de valeurs et programmes de compétitivité des filières

Dans le cadre de son programme de compétitivité des filières, le Gouvernement pourrait ainsi viser à développer, à titre d’exemple, les chaînes de valeurs suivantes :

  1. le phosphate togolais qui pourrait être transformé localement en engrais et exporté ;
  2. le coton en fil pour la bonneterie et la fabrication des tissus traditionnels, ce qui bénéficierait à la confection en bout de chaîne ; par ailleurs, l’essor de la filière coton déboucherait sur une plus grande valorisation de la graine de coton grâce aux tourteaux de coton pour lesquels, il existe un réel marché sous-régional (Burkina Faso, Mali et Niger) ;

iii. le cacao qui pourrait être transformé localement en chocolat et dérivés ;

  1. d’autres filières agro-alimentaires pourraient se développer autour du maïs, du manioc, etc.
  1. B) Sous-secteurs porteurs de croissance

Le Gouvernement est conscient que l’accroissement de la productivité du secteur industriel dépend fortement de la productivité des industries extractives et des industries minières. D’autres opportunités existent au niveau du secteur des BTP et de l’artisanat pour accompagner la dynamique de développement du secteur industriel. Des mesures d’accompagnement telles que la formation du personnel des entreprises sur la prévalence du VIH/Sida, la sécurité et la santé au travail, l’équité et l’égalité de genre, la mise en œuvre des plans de gestion environnementale viendront conforter l’accroissement de la productivité du secteur.

Secteur minier

Il joue un rôle important dans l’économie togolaise depuis le démarrage de l’extraction et des exportations de phosphates en 1961. A mi‑année 2012, il existait seize (16) permis d’exploitation avec la majorité détenue par des entités privées (hors secteur phosphate). De même, il existait sept (7) permis de recherche pour l’or, le diamant, le manganèse, le nickel, le zinc, etc. Néanmoins, au regard de l’évolution du secteur, le Togo n’offre pas un cadre juridique et institutionnel moderne, adéquat, et transparent, permettant d’attirer l’investissement minier privé (international ou national) de qualité, expérimenté dans le domaine préconisé et favorisant un impact significatif sur le développement national. Enfin, l’inadaptation du cadre réglementaire existant (code minier) ne permet pas de tirer un bénéfice réel du secteur de l’extraction au Togo. Il est souhaitable, au vu du manque d’expérience dans l’exploitation minière hors phosphate, que le Togo encourage l’approche participative pour le développement d’outils modernes visant la mobilisation de l’investissement minier de taille et de qualité.

La logique d’une bonne approche visionnaire s’étendant à l’ensemble du secteur extractif étant nécessaire, la restauration de la bonne gouvernance soutenue par une vision stratégique forte pour le développement du secteur minier dans sa globalité, est l’ambition affichée par le Gouvernement pour les dix années à venir. Cette ambition pourrait bénéficier de la construction du corridor de développement, notamment, de ses services ferroviaires et portuaires qui faciliteraient considérablement la mise en valeur de gisements miniers situés dans des zones enclavées.

Sur la période 2013-2017, dans le cadre de la politique de relance de l’économie, il est attendu que le Gouvernement entreprenne de véritables actions de promotion du secteur minier, notamment, en promouvant la transparence et en engageant des réformes institutionnelles et structurelles approfondies. Ainsi, des conditions de travail plus favorables pourraient être créées en faveur des investisseurs de renommée internationale. Il s’agit, entre autres de : (i) la disponibilité d’une cartographie géologique et des données géophysiques actualisées ; (ii) la relecture du code minier et la prise de ses textes d’application dans le contexte de l’intégration sous‑régionale mais également du besoin d’attirer l’investissement de grande échelle ; et (iii) la mise en œuvre d’une nouvelle fiscalité minière apte et performante dans le tissu économique actuel. En outre, il s’engage, dans le cadre de la transparence dans le secteur, à mettre en œuvre le plan d’actions détaillé afin de devenir pays conforme de l’ITIE dans les délais.

Dans le domaine des phosphates, le Gouvernement a créé en 2007 la Société Nouvelle des Phosphates du Togo (SNPT) qui a repris les actifs et les opérations de l’Office Togolais de Phosphates (OTP) et de l’International Fertilizer Group-Togo (IFG-Togo). Depuis, la SNPT n’a pas encore été en mesure d’augmenter le niveau de production qui est resté respectivement à 751 000 tonnes et 843 000 tonnes en 2007 et en 2008. La production a chuté à 725 000 tonnes en 2009 (le minimum pour couvrir les charges fixes). Les problèmes seraient liés particulièrement à la vétusté des équipements miniers et de transport, et la fluctuation des cours mondiaux du phosphate.

Au cours de la période quinquennale à venir, le Gouvernement entend poursuivre les réformes pour lever ces difficultés (notamment rechercher un nouveau partenaire stratégique) et réaliser des investissements de plus de 80 milliards de FCFA pour renouveler l’outil de production et les infrastructures, utiliser de nouvelles technologies afin de porter la production de 1,1 million de tonnes en 2012 à 1,39 million de tonnes en 2013, 1,64 million de tonnes en 2014, 1,96 million de tonnes en 2015, 2,37 millions de tonnes en 2016 puis à 2,93 millions de tonnes en 2017, soit une croissance relative de 21,7%. En outre, il exploitera toutes les opportunités pour accroître la valeur ajoutée de la filière restructurée, en encourageant la création d’usines d’acide phosphorique et d’engrais.

Le clinker et le ciment : Ils représentent aujourd’hui les premiers produits d’exportation du Togo. L’objectif poursuivi par le Gouvernement est de tirer meilleur profit de la récente réorganisation de la filière qui préconise que l’implantation de l’exploitation minière soit exclusivement effectuée sur le territoire douanier. A cet effet, la révision en cours du code minier devra être accélérée. Par ailleurs, la stratégie pour les prochaines années vise à accroître les investissements au niveau des deux unités de clinker et de ciment (WACEM et CIMTOGO) par l’octroi d’un deuxième permis d’exploitation à CIMTOGO et l’extension du permis d’exploitation de WACEM. Elle concerne également l’installation en cours d’une société de production de ciment de 500 000 tonnes par an et le démarrage d’une usine de production de clinker d’une capacité de 1,5 million de tonnes par an par CIMTOGO d’ici à 2014, afin d’assurer un approvisionnement régulier du pays en ciment. Par ailleurs, le Gouvernement mettra en place un volet social similaire à celui des phosphates au bénéfice des populations riveraines des zones de production et d’exploitation du clinker.

Pour le fer, de bonnes perspectives existent notamment pour le gisement de fer de Bandjéli (Bassar) situé à environ 400 km au nord de la capitale. L’exploitation de ce minerai est confiée à la société indienne MM Mining. L’exportation de la production disponible de 50 000 tonnes brut de fer en phase pilote, pourrait atteindre, en régime de croisière, une production annuelle d’un million de tonnes net. Dans le cadre de la mise en œuvre du corridor de développement, le Gouvernement entend mettre en œuvre des réformes pour rendre le secteur plus transparent et attirer des investisseurs de renommée dans ce sous‑secteur potentiellement important.

Exploration pétrolière

S’agissant de l’exploration du pétrole, elle est entamée aux larges des côtes togolaises par des compagnies étrangères sur la base des licences attribuées par le Gouvernement. C’est notamment le cas de Eni-Togo.

Bâtiments et Travaux Publics (BTP)

La situation du Togo se caractérise par un déficit énorme d’investissements en matière d’infrastructures économiques et sociales durant la période de suspension de la coopération avec la communauté internationale. La SCAPE entend poursuivre et amplifier l’effort de rattrapage en matière d’équipement du pays en infrastructures entrepris depuis peu et le secteur des BTP devrait naturellement en être l’un des premiers bénéficiaires, tant en terme de taux de croissance que de création d’emplois.

Mais du côté des entreprises de BTP, la situation semble plutôt préoccupante. Beaucoup ont souffert pendant la période de crise politique ; certaines ont pu survivre grâce à des contrats dans les pays voisins. Les problèmes concernent également le matériel et le financement. Du côté de l’Etat et des bureaux de contrôle, les goulots d’étranglement se situent sur le plan de la maîtrise d’ouvrage déléguée au niveau de la passation des marchés et de la maîtrise d’œuvre au niveau de l’exécution des travaux. L’administration, en tant que maître d’ouvrage ou donneur d’ordre, dispose de peu de capacité pour assumer cette fonction et recourt habituellement à un maître d’ouvrage délégué pour la préparation et le lancement des appels d’offre, le dépouillement (analyse des offres et rapport d’évaluation à soumettre au bailleur de fonds), etc. En phase d’exécution, elle fait appel à des bureaux de contrôle des travaux. Cependant, il existe au Togo, une structure pouvant assurer la maîtrise d’ouvrage déléguée pour l’Etat : l’AGETUR.

Au regard de cette situation, le Gouvernement se propose de : (i) répertorier les entreprises locales de BTP et des bureaux de contrôle ; (ii) proposer des solutions pour la location de matériel pour les PME ; (iii) engager une réflexion avec les banques sur les garanties à fournir par les PME et le financement des fonds de roulement pour les entreprises attributaires de marchés ; (iv) aménager le cadre juridique de la maîtrise d’ouvrage publique.

Par ailleurs, le Gouvernement reste convaincu que le potentiel de croissance lié aux transferts financiers de la diaspora peut être mis en valeur dans le secteur des BTP. En effet, l’apport économique de ces Togolais de l’extérieur est de plus en plus considérable. Selon la BCEAO, ces envois de fonds représentaient 9,7% du PIB en 2010 et en moyenne 2 à 4 fois les investissements directs étrangers au Togo. Les données sur l’utilisation de ces fonds ne sont pas disponibles mais ces fonds semblent converger plus vers le secteur de l’immobilier. Des réflexions seront poursuivies pour canaliser cette manne vers des projets productifs dans l’immobilier et dans d’autres domaines. Si des pistes viables sont trouvées, de tels transferts  investis dans l’économie togolaise pourraient avoir un impact non négligeable sur la croissance à moyen terme.

Artisanat

L’artisanat est un des maillons importants de l’économie togolaise. Il contribue de manière significative à la formation du PIB et à la réduction des déséquilibres de la balance des paiements. Malgré les réformes entreprises ces dernières années pour mettre en place des chambres de métiers et renforcer l’appui technique et financier aux artisans, ce secteur reste confronté à de nombreuses difficultés, notamment d’accès au crédit, d’insuffisance de matériel et d’outillage adéquats de travail, d’accès aux matières d’œuvre, d’insuffisance de formation et d’accès des produits artisanaux aux marchés.

Pour permettre à ce sous-secteur d’apporter des revenus substantiels aux acteurs de la filière, des devises à la nation par l’exportation de produits artisanaux, de contribuer à la création d’emplois, le Gouvernement entend mettre en œuvre la politique nationale de l’artisanat. Les principales orientations de cette politique se déclinent, à travers, les principaux axes suivants : (i) le renforcement du système de perfectionnement des artisans ; (ii) le renforcement des structures d’appui aux artisans ; (iii) l’amélioration des circuits d’approvisionnement et de promotion  commerciale ; (iv) l’appui aux Chambres régionales des métiers ; (v) la promotion des produits artisanaux ; (vi) la mise en place d’un mécanisme de protection sociale des artisans ; (vii) la mise en place de centres de recherche pour l’artisanat ; et (viii) l’élaboration et la mise en œuvre des textes d’application du code de l’artisanat.